Vous regardez peut‑être le lac de Vaivre‑Vesoul sans imaginer qu’il est au cœur d’une course contre la montre. La sterne pierregarin a presque disparu comme nicheuse en Bourgogne‑Franche‑Comté. Un projet de la LPO installe des radeaux pour lui redonner des lieux sûrs de reproduction. Voici pourquoi cela compte et comment cela peut fonctionner.
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Pourquoi la sterne pierregarin décline ici
La sterne pierregarin préfère nicher sur du sable, du gravier ou des bancs peu végétalisés. Quand les îles poussent d’arbres et de buissons, elles deviennent inadaptées. À Vaivre‑Vesoul, l’« île aux oiseaux » a pris ce chemin. Les nids n’y sont plus.
Le phénomène touche toute la région. L’espèce figure sur la liste rouge de l’UICN comme « en danger critique d’extinction » pour la nidification en Franche‑Comté. Aujourd’hui, seules deux grandes colonies subsistent sur le bassin de la Saône. Elles se trouvent dans la Nièvre et en Côte‑d’Or. Le reste du territoire ne voit plus que des oiseaux de passage.
Le projet Stern’eau : des radeaux pour reconnecter les colonies
Face à cette urgence, la LPO a lancé le projet Stern’eau en décembre 2025. L’objectif est simple. Installer des plateformes flottantes pour donner des points de nidification supplémentaires. Ces radeaux doivent aider à disperser les oiseaux sur un large axe. De la Saône‑et‑Loire jusqu’au Malsaucy, dans le Territoire de Belfort, en passant par Vaivre.
Le calendrier est clair. D’ici 2027, 18 plateformes seront installées. La première a été inaugurée le 9 avril 2026. Les équipes espèrent que ces lieux attireront à nouveau la sterne pierregarin et permettront la reproduction sur de nouveaux sites.
Comment fonctionnent ces radeaux
Ces plateformes recréent le type de milieu que la sterne recherche. On pose du gravier, du sable et des cailloux. On limite la végétation. Le radeau flotte et suit le niveau de l’eau. Il est placé dans une zone abritée pour résister aux intempéries. Les concepteurs ont retenu les leçons d’un précédent radeau. Dans les années 2010, un dispositif avait été détruit par la météo.
Le choix du lieu est stratégique. Il faut de l’accès à la nourriture et peu de dérangement humain. Il faut aussi prévenir la concurrence. Les goélands peuvent installer des nids et chasser les sternes. Les équipes surveillent ces interactions pour ajuster l’aménagement.
Risques, limites et réalités naturelles
Installer un radeau n’est pas une garantie. La nature reste imprévisible. Comme le rappelle le président de la LPO de Bourgogne‑Franche‑Comté, on ne peut pas « dompter » la faune sauvage. Certaines années, la météo ou la pression d’autres espèces empêchent la nidification.
Le manque de bénévoles pose aussi problème. À Lure, par exemple, des gravières entretenues autrefois ont cessé d’être suivies. Le résultat : des sites utilisables qui ne le sont plus. Le projet doit donc combiner installation technique et suivi humain régulier.
Ce que vous pouvez faire
Vous pouvez aider de plusieurs façons. Informez‑vous auprès des associations locales. Devenez bénévole pour l’entretien des sites. Respectez les zones protégées autour des colonies. Ne vous approchez pas des nids en période de reproduction.
Si vous êtes élu local, pensez aux aménagements de berge. Enlevez la végétation là où elle empêche la nidification. Créez des zones de gravier et de sable. Ces gestes simples favorisent la reproduction sans lourds travaux.
Un exemple d’espoir, mais il faudra du temps
Le cas de la cigogne montre que la restauration prend des décennies. Dans les années 1970, la cigogne était au bord de l’extinction en France. Après des actions de protection et de réintroduction, les effectifs ont remonté. Il a fallu 50 ans pour retrouver un équilibre. La leçon est claire. Une espèce peut revenir. Mais cela demande de la patience et de la persévérance.
Pour la sterne pierregarin, les radeaux du projet Stern’eau apportent un vrai espoir. Mais il faudra du suivi, des protections et l’engagement des habitants. Si vous aimez observer la nature au bord de l’eau, votre attention et votre action comptent désormais plus que jamais.


